Fabricant d'histoires en boulettes de papier

Phare

Date : 19 octobre 2015

Ile des dangers,

Tu portes secours

Aux squelettes errants

En te tenant droite

En bordure du vide.

 

Et proie des sirènes

qui aboient la nuit,

Et proie des murènes

Qui dévorent tes nerfs

Par intermittence,

 

Tu ne peux pas fuir

La faune virale

De ta solitude.

Et proie du silence

Sortant des eaux mortes.

 

Aux danses des lunes,

Tes yeux sont des glaives

Qui brûlent les monstres.

Ton cœur un abysse

Qui ravale ses pleurs.

 

Et comme une anguille

Des courants obscurs,

Je monte vers toi,

Fumée dans mes yeux,

Feu dans tes cheveux.


Portail

Date : 19 octobre 2015

Galaxie en sursis,

Tes planètes reviennent

Transporter tes questions

En déroute des vents.

 

Promesse d’un refrain

Eteint au point du jour,

L’orbite de ta nuit

Relance tes douleurs.

 

Soleil de tragédie

Au fond des océans,

La course de tes peurs

Fait des allers-retours.

 

Un battement de cœur

Arrimé à l’orage

D’une spirale de flashs

Au centre du Néant.

 

Ton étoile incomprise

Te renvoie tes messages

En échos satellites.

Tu ne peux plus parler.


Secret

Date : 25 octobre 2013

Quand je ne vois que toi.

 

Dans l’ombre bleue des ruines,

Sous la cape de feuilles

D’un arbre et dans la mousse,

Dans la brèche invisible.

 

J’ai trouvé ta cachette,

Petite fée insecte,

Les revers noirs secrets

De tes espoirs perdus.

 

Ton regard se dérobe,

Tes ailes se referment,

Tu enterres ton fantôme

Au fond des solitudes.

 

Silhouette embusquée

De rêve et de ténèbres,

Ta bouche nébuleuse

Me jette un sortilège.

 

Que je ne voie que toi !


Transylvania

Date : 30 mars 2012

Au-delà des forêts,

Les loups attaquent la troïqua

Qui emporte ta poisse

Sous la pluie des balalaïkas

Qui floutent tes grimaces.

Ton sourire est si glace et ta peau est si neige

Qu’aucun sylphe ni nain n’a la paume assez mousse

Pour caresser tes rêves

Comme je le ferai.

 

Mais ton cœur est si nuit.

Transylvania.

Où est-ce que tu t’enfuis ?

 

Au-delà des forêts,

Un vieux Danube de vodka

Titube sur tes hanches

Et danse une polka

Au front de tes revanches.

Tes cheveux sont si or et ta bouche et si source

Qu’aucun brigand ni ours n’a la patte assez branche

Pour attraper ton rire

Comme je le ferai.

 

Mais ton cœur est si nuit.

Transylvania.

Où est-ce que tu t’enfuis ?

 

Au-delà des forêts,

Un vampire tchatte des Carpates,

Lit sous ta cape, aspire

Le caviar de ta chair,

Pétrifie ton désir.

Ta poitrine est si monts, ton sexe est si tanière,

Qu’aucun griffon ni tsar n’a la griffe assez fer

Pour dégrafer ton cri

Comme je le ferai.

 

Mais ton cœur est si nuit.

Transylvania.

Où est-ce que tu t’enfuis ?

 

Au-delà des forêts,

Les oies de la Baba-Yaga

Picorent tes espoirs,

Pilonnent les orages

De tes limbes en vrac.

Ta voix est si brouillard, ton regard est si lac,

Qu’aucun aigle ni fée n’a d’ailes assez feuilles

Pour essuyer ta larme

Comme je le ferai.

 

Mais ton cœur est si nuit.

Transylvania.

Où est-ce que tu t’enfuis ?

Au-delà des forêts,

Les gousli-samogoudy jouent

Souvenirs et breloques

Dans l’encens des cimetières,

Dans le feu de ton crâne.

Ton sang est si sève et tes os si minerai

Qu’aucun diable ni dieu n’a le poing assez roc

Pour terrasser la Mort

Comme je le ferai.

 

Mais ton cœur est si nuit.

Transylvania.

Où est-ce que tu t’enfuis ?


Banni

Date : 22 décembre 2011

Il fait nuit aujourd’hui.
Seul un spectre s’allume.
Il emporte avec lui
Sous le ciel de bitume
Son cadavre bleui
Que ton sursis parfume.

Nul pardon ne trahit

Son murmure posthume.

Mais d’un pas repenti

Il s’éteint dans la brume

De ton cœur démoli.


Orchidée

Date : 20 octobre 2011

Orchidée nébuleuse,

Déploie tes ailes d’or et de chauve-souris

Hors de ta gaine d’ambre.

 

Reprends ta trajectoire

Aux pluies des rêveries.

Essaime tes ténèbres,

Fumées de cigarette.

 

Aux lisières du jour

Dans un nouveau vertige,

Atténue la lumière

Et entre dans ma chambre.

 

Orchidée nébuleuse,

Retraverse la mort et tes vertes prairies

En brouillard de dentelles.

 

Le cosmos sur ta tige

Collecte les espoirs.

Tes poussières solaires

Fécondent ma planète.

 

Tes voiles transparents

Diffusent la matière

Dans un cœur immortel

Où naîtra notre étoile.


Apparition

Date : 21 mars 2011

Tu me réveilles dans la nuit

Et tu ne sais plus qui je suis

 

Les nuages traversent tes yeux

Tes yeux sont blancs comme la lune

Le soleil flambe tes cheveux

Tes cheveux s’envolent en plumes

Les oiseaux chantent dans ta voix

Ta voix serpente sous les arbres

Les fleurs s’ouvrent entre tes doigts

Tes doigts sont plus froids que le marbre

 

Tu me réveilles dans la nuit

Et tu ne sais plus qui je suis


Comptine

Date : 21 mars 2011

Où va l’arc-en-ciel

Quand le soir prend feu ?

Il fait l’étincelle

Au fond de tes yeux.

 

Où va le soleil

Quand la nuit se couche ?

Il baille de sommeil

Au fond de ta bouche.

 

Et où va la lune

Quand le chat s’endort ?

Elle fait fortune

Dans tes cheveux d’or.


Symptôme

Date : 21 mars 2011

Dis, tu m’oublies, parfois ?

Tu t’enfuis loin de moi

en pensées monotones.

Tu quittes mon coma.

Tu débranches ton clone.

Tu voles en amazone

sous un ciel d’anémones

où tes doutes moutonnent.

Tu t’en vas, tu t’en vas.

 

Je ne pense qu’à toi.

Je resserre mes doigts

en douleur maximum.

Je pétrie ton plasma

dans mon cœur hématome.

Mes soupirs te renomment.

J’invoque ton fantôme.

Je recrée tes atomes.

Je te vois, je te vois.


Bijoux

Date : 20 octobre 2010

J’ai volé la lune et l’étoile

Forgées dans la rocaille des saisons boréales

Qui incrusteront sur ton doigt

L’ardeur de nos serments criés dans nos ébats.

 

J’ai volé l’étoile et la lune

Trempées dans les semailles des brumes sans fortune

Qui souffleront à tes oreilles

Nos promesses d’amour au soleil des merveilles.


Revenante

Date : 20 octobre 2010

Quand vous n’êtes pas là

Mes jours s’en vont dans l’au-delà

Un fantôme m’escorte

C’est comme si vous étiez morte

Le froid serre mon cou

Je ne peux pas vivre sans vous

Mon cœur pleure dehors

Les vers du chagrin me dévorent

Et toute la nuit tremble

Revenez et dormons ensemble


Gardien

Date : 19 octobre 2010

Serre-toi contre moi.

Je te protège contre les cauchemars et les idées noires

De tes forêts vierges.

Ferme les yeux.

Des étoiles descendent danser autour de toi

Et t’emportent sous les soieries des nymphéas

Dans des rêves majestueux.

Si tu veux que je vienne avec toi,

Donne-moi la main.

Bonne nuit, ma gentille chérie,

À demain.


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