Paresse à onze heures

Les monstres tout autour ont une odeur de chlore,

Ont la peau de la nuit ont des yeux de fluor.

Ils ne savent pas l’heure et sont là par hasard.

 

Ma chambre de sommeil soudain se décolore.

Ils s’accrochent aux draps, ils suçotent mes pores,

Mordent le matelas, prennent un air hagard.

 

Ils dégringolent tous du haut plafond noirci.

Et aux murs se cassent crocs et griffes épaisses,

En faisant plein de trous dans la tapisserie.

Les cauchemars de ma longue nuit disparaissent.

 

Ils s’envolent avec le petit cliquetis

Des ailes en métal et des pattes sans graisse

Et s’écrasent sans bruit sur le plafond noirci.

Les insectes de ma longue nuit disparaissent.

 

Dès que tu apparais, toi que la nuit ignore,

Clarté du réconfort, lumière sans retard.

Dès que tu apparais, toi qui n’a jamais tort.

 

Pour me dire, de ton regard de jade et d’or,

Que ce matin commence encore bien trop tard.

Et tu me laisses seul parmi les monstres morts.

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