ORCHIDÉE
Orchidée nébuleuse,
Déploie tes ailes d’or et de chauve-souris
Hors de ta gaine d’ambre.
Reprends ta trajectoire
Aux pluies des rêveries.
Essaime tes ténèbres,
Fumées de cigarette.
Aux lisières du jour
Dans un nouveau vertige,
Atténue la lumière
Et entre dans ma chambre.
Orchidée nébuleuse,
Retraverse la mort et tes vertes prairies
En brouillard de dentelles.
Le cosmos sur ta tige
Collecte les espoirs.
Tes poussières solaires
Fécondent ma planète.
Tes voiles transparents
Diffusent la matière
Dans un cœur immortel
Où naîtra notre étoile.
20 octobre 2011
COMPTINE
Où va l’arc-en-ciel
Quand le soir prend feu ?
Il fait l’étincelle
Au fond de tes yeux.
Où va le soleil
Quand la nuit se couche ?
Il baille de sommeil
Au fond de ta bouche.
Et où va la lune
Quand le chat s’endort ?
Elle fait fortune
Dans tes cheveux d’or.
21 mars 2011
APPARITION
Tu me réveilles dans la nuit
Et tu ne sais plus qui je suis
Les nuages traversent tes yeux
Tes yeux sont blancs comme la lune
Le soleil flambe tes cheveux
Tes cheveux s’envolent en plumes
Les oiseaux chantent dans ta voix
Ta voix serpente sous les arbres
Les fleurs s’ouvrent entre tes doigts
Tes doigts sont plus froids que le marbre
Tu me réveilles dans la nuit
Et tu ne sais plus qui je suis
21 mars 2011
SYMPTÔME
Dis, tu m’oublies, parfois ?
Tu t’enfuis loin de moi
en pensées monotones.
Tu quittes mon coma.
Tu débranches ton clone.
Tu voles en amazone
sous un ciel d’anémones
où tes doutes moutonnent.
Tu t’en vas, tu t’en vas.
Je ne pense qu’à toi.
Je resserre mes doigts
en douleur maximum.
Je pétrie ton plasma
dans mon cœur hématome.
Mes soupirs te renomment.
J’invoque ton fantôme.
Je recrée tes atomes.
Je te vois, je te vois.
21 mars 2011
REVENANTE
Quand vous n’êtes pas là
Mes jours s’en vont dans l’au-delà
Un fantôme m’escorte
C’est comme si vous étiez morte
Le froid serre mon cou
Je ne peux pas vivre sans vous
Mon cœur pleure dehors
Les vers du chagrin me dévorent
Et toute la nuit tremble
Revenez et dormons ensemble
20 octobre 2010
BIJOUX
J’ai volé la lune et l’étoile
Forgées dans la rocaille des saisons boréales
Qui incrusteront sur ton doigt
L’ardeur de nos serments criés dans nos ébats.
J’ai volé l’étoile et la lune
Trempées dans les semailles des brumes sans fortune
Qui souffleront à tes oreilles
Nos promesses d’amour au soleil des merveilles.
20 octobre 2010
RENAISSANCE
Quand tu me regardes,
À travers les flèches de la lune cafarde,
Tu verses des liqueurs flammèches du bonheur
Dans mes mains rêches.
Quand tu m’embrasses,
Sous ton règne de grâce qui jamais ne se lasse,
Tu transplantes l’audace et la beauté de ta patrie
Dans mon cœur flétri.
Quand tu dors près de moi,
Dans un émoi siamois en milliards de soleils,
Tu reboises de merveilles les brouillards
De mon âme noire.
19 octobre 2010
TOUJOURS
Seras-tu toujours là, berceuse de mes rêves,
Avec ce beau serment aux flammes de tes lèvres ?
Reviendras-tu, dis moi, pour récolter ma sève,
Ô gisante éternelle, infinie nuit sans trêve ?
19 octobre 2010
FLEUR
Laissez-moi boire à votre bouche
Le sombre jus de vos soucis
Sous la lune roussie,
Sans que jamais je ne vous touche.
Laissez-moi sentir votre odeur
Et transformer votre détresse
En nectar de tendresse
En butinant à votre cœur.
19 octobre 2010
GARDIEN
Serre-toi contre moi.
Je te protège contre les cauchemars et les idées noires
De tes forêts vierges.
Ferme les yeux.
Des étoiles descendent danser autour de toi
Et t’emportent sous les soieries des nymphéas
Dans des rêves majestueux.
Si tu veux que je vienne avec toi,
Donne-moi la main.
Bonne nuit, ma gentille chérie,
À demain.
19 octobre 2010
RÉCOLTE
La nuit s’endort sur ton corps nu
En nuées d’or et de prières inconnues.
Les montagnes broyées s’entortillent à tes pieds,
Les rivières de Suisse glissent sur tes cuisses,
Les forêts en feux caressent tes cheveux,
Les plaines du lointain effleurent tes seins,
Les villes d’autrefois se nouent à tes doigts,
Les oasis des enfers lèchent tes lèvres,
Et viennent ensemencer ta tête
Avec des rêves de paillettes.
19 octobre 2010
ALOUETTE
Tu descends de la nuit aux plumets des nuages,
Redresse les montagnes, tourne sous les feuillages,
Soulève et enflamme notre éden de tes trilles.
Tu voltiges dans mes vertiges.
Recommence de biais et à la verticale
Entre les courbes et les spirales
De ton chant envolé en vrilles.
Tu voltiges dans mes vertiges.
Tu fais jaillir la pluie au milieu de la nuit,
Fleurir les étoiles en torrents de pivoines.
Ton bec sous mes plumes, ma tête sous ton aile,
Le vent froisse les lacs d’une lune de lait.
18 octobre 2010
FOSSE
N’aie crainte, j’ondule sous les eaux de la lune
En suivant les échos de ta trouble infortune.
Voilé sous les reflets des illusions livides,
Où s’éteignent les murmures des fantômes,
Où sombrent les charbons des étoiles brisées,
Je guette les lueurs de ton âme étiolée.
Quand tu descendras boire à cette eau de noyés,
Je sucerai le sel de tes angoisses glacées,
Je desserrerai ton cœur de l’étreinte de la Mort.
Les lampes de tes orbites croiseront leurs feux
Sur mon ombre serpentant entre tes côtes.
Et tu me souriras de tes mâchoires déchaussées.
11 octobre 2010
CACHETTE
La lune écarquille le ciel de ses prunelles
Pour nous abriter sous la coquille de la nuit.
Dors astre éteint, ferme tes paupières de pierre,
Les comètes fusent au-dessus de ta tête,
Nous blottissons nos cœurs dans la fuite des rêves.
30 septembre 2010
SAISON
Tu es la pluie qui arrose mes graines
Tu es le soleil qui étend mon ombre
Tu es le vent qui caresse mes feuilles
Tu es la terre qui masse mes racines
Tu es la nuit qui berce ma cime
Tu es le jour qui décompte mes siècles
Tu es la lumière qui verdit ma tête
Tu es l’écureuil qui niche en mon cœur
Tu es le cœur gravé sur mon tronc
29 août 2010
DEMI-LUNE
Le matin il manque à la une
La moitié de la lune, la moitié de Neptune,
La moitié de mes doigts, la moitié de l’Himalaya
La moitié de mes heures, la moitié d’un poutou,
La moitié de mon cœur, la moitié de mon tout,
Quand je me réveille sans toi.
29 août 2010
RÉVEIL
Éclat de lune échoué dans les draps
Des oiseaux s’envolent de ta bouche.
Je tenais ton aube blanche entre mes bras
Et tu t’es levée pour prendre ta douche.
29 août 2010
CENDRES
Tu peux tout brûler, tu ne sortiras pas de mon cœur.
Un baiser de fleur enflammée dans les lueurs de nos regards,
et tu y es entrée,
comme une luciole dans une ampoule.
Que je ne vois plus tes reflets flamboyer sous ma peau,
et je meurs.
Tu t’extrairas alors des lambeaux calcinés de mon âme
comme une morte vivante sort de son tombeau,
et tu ne pourras plus aimer.
21 juin 2010
POISSON
Je plonge dans le beau rêve de tes yeux
comme le soleil se couche sous l’eau
d’un autre monde éphémère et merveilleux.
Je suis le rayon noir de tes pupilles renversées
dans les profondeurs de ton âme suspendue.
Je déchiffre les spectres naviguant sous la lune
dans ton crâne posé au milieu des planètes.
Que je dorme une nuit sous tes douces paupières
du même sommeil que le tien.
21 juin 2010
OSSEMENTS
Enterrons notre passé
Là où nous l’avons laissé,
Dans la tête de mort
De la boîte à Pandore.
Envolons-nous plus loin
Où le soleil s’éteint,
Comme des papillons
Dans le dernier rayon.
Mai 2010
ECCHYMOSE
Nuit lapis-lazuli tapie dans mon crâne. Venez vous coucher avec elle. Buvez mon âme, ma belle, recrachez-la dans votre arrosoir bleu, mélangez-la à vos larmes. Versez ce philtre sur mon cœur endormi, extrayez-le des mines de mon esclavage, polissez-le. Et portez cette amulette entre vos seins. Un jour, vous le broierez et en ferez le palais de mon tombeau. Vous n’en garderez qu’une goutte de ciel dans vos yeux de pierre.
Avril 2010
VAMPIRE (1)
Ouvrez votre fenêtre avant de vous coucher.
Le vent lèchera le cours de vos veines.
Les ombres tatoueront vos jambes de paysages.
Les bras transparents de la lune vous déshabilleront.
De longs nuages mauves vous remplieront d’extase.
Comme une chauve-souris,
Mon cœur s’est envolé vers vous
À travers la nuit vorace.
22 mars 2010
PIEUVRE
Ton fantôme foreur de thorax harponne mon cœur. Ta pieuvre de phosphore creuse un abysse en moi plus insondable que la solitude. Je descends le long de ton absence, broyé parmi les noyés de la nuit. Plus je te cherche, moins je sais qui je suis sans toi. Ton ombre constellée ensable l’épave de mon rêve. Et je meurs incrusté dans ton corps que ma folie a sculpté dans les draps, comme une vague son rocher.
22 mars 2010

