Notre finitude

Entre notre courage et notre désespoir,

Entre nos crimes et nos tristes servitudes,

A chaque pulsation de notre provisoire

Artère s’élabore notre finitude.

Atrides, c’est encor hier que nous mourrons.

 

Entre nos rires et nos plaintes invariables,

Notre jeune saison et l’hiver faiblissant,

– Pourtant l’infini est-il souvent périssable ? –

Nous portons notre mort en nous à chaque instant.

Atrides, c’est encor hier que nous mourrons.

 

Nous devinons, devant ce rythme décroissant,

Ce frémir de mourir qui hante, nous accable,

Que nos carcasses craquent à tout tremblement

De l’âme et de son corps, à nos larmes semblable.

Atrides, c’est encor hier que nous mourrons.

 

Nous partageons toujours ce malheur trop fécond,

Mortels ensemencés d’une sombre inquiétude.

Et nous portons au cœur, tous, le fatal suçon

De l’éternelle mort qui de nos sangs exsude.

Atrides, c’est encor hier que nous mourrons.

 

A Colone ou ailleurs, notre vie se dénude.

Nos nuits troublent nos jours et leurs croassements

Crèvent nos yeux noircis par notre solitude.

Notre ventre sonore est un cri permanent.

Atrides, c’est encor hier que nous mourrons.

 

Notre vie se déchausse à Colone ou ailleurs.

Nos plaies coulent des pleurs, nos rires sont tessons.

Il burine nos os, l’implacable malheur.

Mais malgré nos efforts, jamais ne pourrissons.

O frères, c’est encor hier que nous mourrons.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *